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Contes et légendes - La légende du veau marin de Brion

LA LEGENDE DU VEAU MARIN DE BRION
(l’abeille du Bugey et du pays de Gex)


Un soir du mois d’août 1757, par un clair de lune qui donnait aux objets des formes fantastiques, Jean-Claude CORNELY, de BRION, suivait la rive droite qui sort du lac da NANTUA, et regagnait le village.
Jean-Claude Cornely était le plus habile pêcheur du pays, il connaissait tous les secrets du métier, pas un Brionnais ne pouvait lutter avec lui pour tendre une ligne, jeter un filet.
Tous les coins et recoins de la rivière lui étaient familiers; il avait exploré tous les trous et pouvait dire avec certitude où se tenaient les truites, les perchettes et les écrevisses.
Il savait apprêter les amorces avec talent et ne confiait à personne son secret.
C’était au point que dans le village il passait pour user de magie et de maléfice en ce qui concernait son état.
Ce qui accréditait cette opinion, c’est que nombre d’autres pêcheurs placés à côté de lui ne prenaient rien, quand au contraire Jean-Claude CORNELY ne faisait que lever et jeter sa ligne.
Il est vrai qu’il s’en donnait la peine et que la pêche était plutôt pour lui une passion qu’un métier.
Le jour et la nuit, l’été et l’hiver, il était sur les bords de sa rivière.
Dans les grands froids, quand les écrevisses étaient rares, il ne balançait pas à entrer dans l’eau jusqu’au cou pour soulever les pierres et saisir les crustacés dans leurs réduits les plus cachés.
Jean-Claude Cornely était un véritable amphibie; il vivait autant dans l’eau que sur la terre.



Donc, un soir du mois d’août 1757, Jean-Claude Cornély retournait à son gîte, chargé de ses engins de pêche et sa filoche remplie de poisson, lorsque arrivé à l’un des contours de la rivière, dans un endroit où le lit avait sa plus grande profondeur, il lui sembla voir une masse s’agiter et remonter le courant. Il s’arrêta, saisi d’étonnement et se pencha pour mieux examiner.
"Qu’est-ce que celà? se dit-il, serait-ce un poisson? mais il est énorme...Non, non.
C’est peut-être une loutre? Si j’avais un harpon, elle serait bientôt à moi.
Courons en chercher un.
harpon.gif


Et Jean-Claude Cornély se hâtait de gagner sa demeure, lorsqu’un cri étrange qui partait de derrière lui, lui fit arrêter court.
Il prêta l’oreille, mais le cri avait cessé.
Il se remit en marche et le cri se fit entendre de nouveau.
Intrigué au dernier point, Cornély revint sur ses pas...L’animal avait disparu.
"Je le reverrai demain, se dit le pêcheur; ce n’est pas une loutre, c’est beaucoup plus gros, et ce cri m’est inconnu.
Que diable serait-ce bien ? Jean-Claude n’en dormit pas de la nuit.
A la pointe du jour, il revint sur les lieux, mais il ne vit rien.
Il battit tous les bords de la rivière, fouilla toutes les cavités, remua toutes le pierres inutilement.
Sur le soir, à la même heure que la veille, Cornély se plaça en embuscade, un harpon à la main, dans le creux d’un énorme saule ouvert par le temps.
Sa faction fut longue, et l’aube blanchissait le ciel à l’orient qu’il ne s’était pas encore décidé à rentrer chez lui.
Enfin, il quitta son saule et s’en retournait piteusement.
Il n’avait pas fait cent pas que le même cri étrange qu’il avait entendu la veille vint frapper son oreille.
Il fit un soubresaut et revint en courant vers son poste; mais il ne vit rien pendant une heure qu’il y resta.
Quinze nuits consécutives furent passées de la sorte par Jean-Claude Cornély et toujours il n’apercevait rien.
Ce n’était qu’au moment où il partait, que le cri se faisait entendre comme une moquerie qui accompagnait son départ.
Jean-Claude menaçait d’en tomber malade; il devenait maigre; ses yeux étaient cernés; il marchait comme un somnambule et ne desserrait les dents à personne; il n’allait plus au cabaret et évitait ceux qui voulaient le questionner.



"Qu’a donc Jean-Claude? disait Benoît Léger à son compère Paul Maillard, qui se trouvait avec lui au cabaret Robin à boire une bouteille; depuis quinze jours, nous ne l’avons pas vu.
Bien qu’il soit grand amateur d’eau, il ne crache pas sur un verre de vin. "
"On dit qu’il est ensorcelé, répondait Maillard.
Sa femme même ne peut lui arracher une parole.
Elle ne le voit qu’à l’heure des repas où il ne mange rien, et toutes les nuits, il décampe."
"Où va-t-il donc?"
"C’est le mystère; personne n’en sait rien."
"Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il ne pêche pas, puisqu’il ne rapporte plus de poissons; il n’a qu’un harpon lorsqu’il sort de chez lui."
"Tout cà n’est pas bien catholique, fit en branlant la tête Claude Léger.
Depuis longtemps, je soupçonne Jean-Claude d’être d’accord avec le diable, et je crois que je ne me trompe pas."
"Hum! fit Paul Maillard, je ne sais qu’en penser, et si je n’avais pas peur de me mettre mal avec le Malin, je tâcherais bien d’éclaircir cette affaire."
"Au fait, qu’est-ce que le diable nous pourrait si nous allions à la découverte? en nous munissant d’une fiole d’eau bénite, nous ne craignons rien."
"Bonne idée, compère, ce qui n’empêchera pas de bien nous armer."
"C’est entendu, ce soir, nous suivrons à la piste Jean-Claude, et nous saurons bien à quoi nous en tenir."
Le soir, sur les dix heures, Paul Maillard et Benoît Léger, qui s’étaient postés à quelque distance de la maison de Jean-Claude Cornély, virent celui-ci sortir de chez lui, son harpon à la main, un grand filet sur l’épaule, et se diriger le long de la rive droite de la rivière.
Ils le suivirent à pas de loup.
Jean-Claude s’arrêta près du saule, quitta ses vêtements, et entra dans la rivière, il se mit à tendre son filet d’une rive à l’autre: puis, cette opération faite, il sortit de l’eau, reprit ses vêtements et son harpon et s’embusqua dans l’arbre creux où il resta immobile.
Deux heures s’écoulèrent.
Paul Maillard et Benoît Léger, qui observaient, couchés à plat ventre à quelque distance, perdaient patience.
Maillard surtout aurait bien voulu être dans son lit: le moindre bruissement des roseaux le faisait tressaillir; il puisait avec le doigt dans la fiole d’eau bénite et se signait avec ferveur, en repassant la fiole à son compère qui en usait de même.
A minuit, un cri aigu, strident, sortit du fond de l’eau et vint glacer d’épouvante les deux observateurs ; leurs cheveux se dressèrent et leurs corps devint chair de poule. A ce cri, Jean-Claude sortit vivement du creux de l’arbre et lança son harpon avec force sur un objet noirâtre qui fendait l’eau en remontant le courant avec la rapidité d’une flèche.
"Malédiction, s’écria-t-il avec fureur, le coquin m’est échappé. Mais comment a-t-il pu passer à travers mon filet, dont les mailles sont si solides que je ne puis les rompre moi-même?
C’est le diable en personne qui s’amuse à me faire rager."
Jean-Claude tira son filet et reconnut avec peine qu’un énorme trou avait été pratiqué au milieu.
Au moment où il était à l’examiner en pestant, un nouveau cri se fit entendre dans le lointain: cri railleur, qui ne fit qu’exaspérer d’avantage le malheureux pêcheur.
veau_marin.gif
Ah! s’écria-t-il en montrant le poing dans la direction du lac, tu ne m’échapperas pas, dussé-je passer ma vie à te guetter et fabriquer un filet en mailles de laiton.
Ce disant, il ramassa son harpon, jeta son filet sur ses épaules et s’en retourna.
Il passa à quelques pas de Benoît et de Paul qui, plus morts que vifs, ne bougeaient pas plus que des bornes: il avaient épuisé leur fiole d’eau bénite.
Ils se relevèrent enfin, et prenant leurs jambes à leur cou, ils se sauvèrent au village, entrèrent précipitamment chez eux, refermèrent leurs portes avec fracas, tirèrent les verrous et coururent se cacher sous leurs couvertures.
Le lendemain, tout le village de BRION fut en rumeur.
Le bruit que Jean-Claude Cornély avait des relations avec le diable, sur les bords de la rivière, se répandit de maison en maison.
On se rassembla au Molard, devant la demeure de Jean Roset.
Là, on commentait l’évènement de la veille, qui, dans les imaginations naïves des paysans et des commères, prenait une teinte encore plus diabolique.
On décida qu’on irait trouver le curé de GEOVRESSIAT pour faire exorciser le malheureux Jean-Claude et la rivière même où le Malin lui donnait ses rendez-vous.
En ce moment, le pêcheur sortait de chez lui, la mine plutôt hâve, plus soucieuse encore que les jours précédents.
A sa vue, la foule se dispersa dans toutes les directions, les enfants se cachant sous la jupe de leurs mères.
Jean-Claude n’y fit pas attention.
Toute la journée, il répara son filet et y ajouta de nouvelles mailles plus solides que les premières.


Sur les dix heures, par une nuit des plus sombres, Jean-Claude était à son poste et venait de tendre son filet, quand il entendit dans le lointain, du côté de BRION, des voix qui chantaient un psaume sur un ton lugubre.
Des lueurs vacillantes comme des feux follets.
Jean-Claude ne savait que penser.
Les lueurs et les voix s’approchaient lentement, et malgré son courage, il ne put s’empêcher de tressaillir.
Son esprit tendu depuis si longtemps, fléchissait sous le poids d’une erreur involontaire.
Il penchait sa tête en dehors du saule creux, comme fasciné par la lumière qu’il voyait briller dans le lointain.
"C’est le diable, murmurait-il entre ses dents serrées"
Enfin, il aperçut à vingt pas de lui une foule d’hommes et de femmes portant des torches et précédés d’une bannière, qu’il reconnut être celle de St Jean Baptiste, patron de la paroisse de GEOVRESSIAT.
Les chants cessèrent.
exorcisme.gif Un prêtre s’avança tenant un cierge d’une main et le goupillon de l’autre; il le brandit trois fois en forme de signe de croix, en prononçant à chaque fois ces mots d’une voix forte:

"VADE RETRO, SATANAS!"
(retire-toi, satan)

Au troisième exorcisme , un corps énorme et noirâtre glissa à la surface de la rivière; et battant l’eau avec force, il s’élança dans la direction du lac en poussant des cris affreux.
Jean-Claude Cornély s’évanouit, et la foule tomba à genoux.
Le prêtre entonna un cantique d’action de grâce.
On s’empressa de relever Jean-Claude, que l’on emporta chez lui.
Le pêcheur en fit une maladie qui heureusement ne fut pas mortelle.
Depuis cette nuit mémorable, on ne revit plus dans les eaux de la rivière de BRION, l’animal inconnu qui avait été le cauchemar de Jean-Claude et la panique de tous les habitants.

La croyance générale se perpétua que le diable avait habité pendant quelques temps la rivière de BRION, dans le but bien avéré de s’emparer de l’âme de Jean-Claude Cornély, et que ce dernier allait succomber à la suggestion du Malin, quand le curé de GEOVRESSIAT l’avait forcé à quitter ses parages.

Seuls, deux ou trois habitants soutenaient que le diable pouvait bien être qu’un énorme poisson de la famille des phoques, ou veau marin, qui, pendant les grandes inondations de 1756, avait quitté la mer et était arrivé, de fleuve en fleuve, de rivière en rivière, jusque dans le lac de NANTUA, d’où il sortait le soir pour venir se promener dans la rivière de BRION.




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