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Contes et légendes - Le dernier pendu de Brion

LE DERNIER PENDU DE BRION


Le septième jour du mois de novembre de l'an mil sept cent neuf, au moment où tintait l’angélus du soir, sire Claude-François de Lyobard, seigneur de Brion, Bussy, et Géovreissiat, était en la salle à manger de son château de Brion, attendant avec impatience l’heure du souper ,car Claude-François Lyobard avait, parmi plusieurs petits défauts, celui de la gourmandise, à preuve qu'il mourut d'une indigestion

Mais l’heure du souper n'était pas encore venue, et le châtelain, pour tromper l'attente et faire prendre patience à une faim canine gagnée dans une course poussée jusque sur les terres du sire de Montgeffond, seigneur de Martignat en l’Isle, s'approcha de la fenêtre en ogive qui donnait sur le marécage, du côté du levant.
La mine renfrognée de Claude-François de Lyobard s'éclaircit, car le noble sire aperçut Fremy, celui qui pourvoyait d'ordinaire le château de Brion de poissons et de gibier, Fremy qui longeait la rivière, sa carabine sur l'épaule droite, une grande trouble emmanchée d’un long bâton sur l'épaule gauche, dans laquelle une se trouvaient pêle-mêle des canards, des truites, des bécassines et des écrevisses. canard.gif
Le châtelain ne put maîtriser son impatience ; aussi, ouvrant à grand bruit la fenêtre aux petites vitres enchâssés dans des lames de plomb, s'écria-t-il :

"ohé! Fremy, mon garçon, porte tout ton butin en nos cuisines et vient te réchauffer d'un verre de vin de mon cousin Balvey. Un vaillant chasseur comme toi est digne de choquer sa coupe contre celle d'un noble sire comme moi!"

Braves gens qui oyez la faveur grande, ne vous en étonnez, par trop : Fremy est l'enfant gâté du seigneur de BRION, parce que ainsi que nous l’avons dit, il pourvoyait le château de beau gibier et de bons poissons ; ensuite parce que c'était un luron, dont les récits amusaient fort, après boire, Claude-François de Lyobard parce, s'il respectait le gibier et le poisson de son maître et seigneur, il chassait et pêchait toujours sur les terres du prieur de NANTUA, qui était l'ennemi du sire de Lyobard, et dont les dépendances arrivaient jusqu'au pied de la colline sur laquelle s'élevait le château de BRION.

C'était justement ce droit de chasse et de pêche dans les marais giboyeux dont les limites partaient de PORT et s'en allaient au-delà de Brion, qui avaient fait naître mille difficultés entre le châtelain et le prieur. Une curieuse requête, adressée au parlement de DIJON, nous a été conservée. Il y est dit au seigneur de Brion qu'il empêchait les gens du prieur de pêcher dans l'eau qui sort du lac.

Le parlement de Dijon avait bien rendu un arrêt en faveur du prieur, mais le sire de BRION, dans la personne de FREMY, s’en moquait journellement.
Cependant FREMY, entrait dans la salle à manger :

"assieds-toi là, mon brave, lui dit le châtelain, et conte nous un peu de ce que tu as appris."
pendu2.jpg "ma foi, messire, je n'ai rien appris de nouveau, si ce n'est qu'il fait froid, que le lac et la rivière sont recouverts de sarcelles et de canards et que le seigneur prieur, ayant su que l'homme qui prend son poisson et tue son gibier est votre serviteur, à jurer de le faire pendre à ses fourches patibulaires du Molard de PORT, la première fois qu'il le prendra en défaut. Mais un malin de ma trempe ne se pend pas comme cela, et mon fusil tonnera encore plus d'une fois sous le mont Chamoise avant que les CATHOLARDS mettent la main sur moi."
Ayant ainsi parlé,Fremy vida sa coupe et se leva pour s'éloigner quand Claude-François de Lyotard lui dit, en le retenant du geste :
"tiens! reste, FREMY, tu m'amuses. Tu souperas là, avec moi, au bout de la table. Nous boirons sec et tu me conteras quelques bonnes histoires."
Le souper du châtelain de Brion fut plantureux. FREMY suivant l'exemple de son maître et seigneur, but autant qu'un suisse.
Toutefois, lui si bavard d'habitude, restait silencieux. Le châtelain s'en aperçut et lui demanda:

- "le vin te lie-il la langue, aujourd'hui?"
- "non, Messire, mais je réfléchis."
- "à quoi?"
- "à un tour à faire au prieur."
- "lequel? Parle vite."
- "je parie d'aller prendre des poissons tenus en réserve pour les jours maigres dans le réservoir du lac Vissel, qui, comme vous leurs savez, se trouve dans les murs mêmes du monastère.
- "hé, mon gars, fais celà, répliqua en riant le châtelain, et que le ventre m 'esclaffe, si je ne donne pas à toi et à ta descendance mon joli bois de Loliat!"
- "par là , morguienne , je le ferai et à l’instant même!"
- "pars donc, et moi j'attendrai en compagnie de ces bouteilles le résultat de ton expédition..."

Fremy descendit de la colline, détacha d'un vieux saule une barque dans laquelle il déposa son filet, et, à grands coups d'aviron, se prit à remonter le courant.
Le temps était gris. Il faisait froid et parfois de longues bandes de canards s'élevaient des roseaux qui bordaient la rivière.

"ah! Les beaux coups de fusil!" murmurait Fremy redoublant d'énergie.
Cependant il débouchait dans le lac, qu'il eut bientôt franchi, et traversant la rivière de MERLOZ, il cacha sa barque, il se dirigea vers les murs de l'abbaye.
Tout était silencieux. Fremy escalada le mur et, jetant son filet, il commença son oeuvre de maraudeur, capturant sans distinction de sexe, les carpes ventrues et les brochets élancés.

"Ouf! Il y en a assez et la charge est lourde" dit-il. Maintenant regagnons sans bruit notre bateau et allons porter tout cela au château de Brion.
En ce moment, arrivait du côté de la porte de Genève, une bande de bourgeois, sous le commandement du capitaine Leyssard, le même qui plus tard fut nommé SYNDIC. A la clarté de la lune, qui filtrait à travers le brouillard, les bons yeux du capitaine aperçurent une forme à cheval sur les murs de l'abbaye.

"halte!" murmura-t-il à la ronde, et saisissant l'arme du bourgeois qui marchait derrière lui, il visa longuement, et sa balle alla fracasser le bras du pauvre
Fremy, qui roula par terre, en jetant un cri de douleur.

"bonne prise, mes amis!" dit le capitaine Leyssard à ses soldats, après avoir reconnu le délinquant. "nôtre seigneur le prieur va être content. Sans tarder, allons l'avertir."
Le seigneur prieur, furieux de l'audace de FREMY, ordonna que le lendemain, à l'aube, il fut pendu aux fourches patibulaires du Molard de PORT.
Et mettant pied à terre, la première personne que vit le condamné fut l'un de ses cousins, qui se rendait au marché de Nantua.

"Cadet, lui dit-il, cours à Brion et dis au Châtelain ce qui m'arrive ; lui seul peut me sauver."
Cadet partit en courant, et pour lui donner le temps d'arriver, Fremy demanda à faire sa prière, ce qui lui fut accordé, bien qu'il eut été dûment confessé et absous par un religieux du monastère Saint-Pierre.
pendu3.jpg
Enfin, FREMY vit arriver Cadet.
- "eh bien?" Lui cria-t-il de loin
- "ah mon Dieu!"
- "quoi encore?"
- "le seigneur châtelain a tellement mangé cette nuit en t’attendant que ce matin il est mort d'une indigestion."
- "bon, je suis perdu, c'est-à-dire pendu",
pensa Fremy en faisant un dernier signe de croix. Puis, s'adressant au bourreau, il lui glissa à l'oreille :
- "toi, fait bien ton office et tu trouveras, sous les murs des jardins de l'abbaye, ma trouble pleine de carpes, de tanches et de brochets."


Et voilà l'histoire du dernier qui fut pendu haut et court aux fourches patibulaires à trois piliers du Molard de PORT.


JULIEN ARENE


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