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Contes et légendes - Le corbeau de Lange

CONTES ET LEGENDES, extraits de l’ABEILLE DU BUGEY ET DU PAYS DE GEX
(L’ABEILLE DU BUGEY DE 1898)


Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de relire la Bible : quarante jours après le déluge, Noé ouvrit la fenêtre de l’Arche et mit dehors un corbeau qui ne revint pas.
Sept jours après, il envoya une colombe, qui n’ayant pas trouver où poser le pied, revint dans l’Arche.
Envoyée à nouveau après sept autres jours, elle revint vers le soir, portant dans son bec un rameau d’olivier.
Mais où donc avait disparu le fameux corbeau?
EH BIEN, EN VOICI LA REPONSE
Tout se passe à MONTREAL ou presque.
corbeau.gif



lange.jpg Ce corbeau était plus gros qu’un dindon.
Habituellement, il se tenait sur les bords du LANGE, ne se dérangeant pas trop pour livrer passage aux pêcheurs à la fouine, qui ont toujours été fort nombreux sur les bords de cette rivière limpide, dont il est parlé dans les livres anciens: limpida LENGIS acqua.
Les grands-pères des grands-pères des plus vieux habitants de MARTIGNAT, de MONTREAL et des bourgs voisins se souvenaient d’avoir toujours vu ce corbeau, qui fréquentait, le jour, les environs du MARTINET, pour se retirer la nuit, du côté du COULOUP.
Les récits les plus invraisemblables, les légendes les plus fantastiques couraient sur le compte de ce corbeau phénoménal; mais, d’après la version la plus accréditée, cet oiseau n’était autre que ce corbeau lâché par Noé, du haut du mont Arasat, pour savoir si l’arche et ses habitants en avaient fini avec le déluge universel.
Du reste, ce patriarche des oiseaux défiait la rigueur des hivers, les pièges, les flèches et la poudre; puis aussi, on avait fini par le laisser en paix, parce qu’on avait remarqué qu’il était arrivé malheur à tous ceux qui s’étaient attaqués à lui.
Les siècles se succédèrent, les générations disparurent pour faire face à de nouvelles générations, et le Mathusalem des oiseaux vivait toujours, quand arriva ce que vous lirez plus loin, et qui est une histoire étrange!
corbeau2.jpg



Un soir du mois de Janvier, aux environs de la Saint Antoine, de l’année 18.., plusieurs amis achevaient de souper au PONT D’ARCOLE, auberge justement célèbre dans le NANTUA de jadis.
Comme le souper avait été exclusivement composé de gibier, les convives parlaient des bêtes passant généralement pour être comestibles.
Un vieux négociant prétendait que le chat a de nombreux rapports avec le lièvre; un jeune officier disait que du chien au cochon, il n’y a que la distance d’un préjugé; un troisième enfin soutenait mordicus que les plus maigres des rats d’égout sont préférables aux plus grasses mauviettes.
- Messieurs, interrompit un chasseur, si vous n’avez pas mangé du corbeau bouilli et si vous n’avez pas bu son bouillon,, vous ne pouvez raisonnablement discuter des bonnes et des mauvaises choses.
- Est-ce donc si délicieux, votre corbeau? demanda quelqu’un.
- Excellent, vous-dis-je!
- Mais, vous qui êtes chasseur, vous devriez bien en tuer un! Ne serait-ce que pour donner lieu à un pique-nique.
L’idée fut approuvée à l’unanimité.
On décida de festiner le jour où le Nemrod mettrait à mort un ou plusieurs corbeaux.
- Un moment, Messieurs, conclut le chasseur.
Vous savez que le corbeau demande à geler huit jours et huit nuits durant avant d’être mis au pot au feu: vous attendrez donc huit jours après ma chasse.
- ADOPTE! dirent les convives.
Quelques jours après, le Nemrod du PONT D’ARCOLE revenait d’une battue des hauteurs de BUSSY, où il avait perdu la chasse.
Dépité et en colère, il descendait au MARTINET, lorsqu’il aperçut, fouillant gravement les crottes éparses sur la neige, le vieux corbeau, le corbeau de l’Arche, le Mathusalem de la gent ailée.
Le chasseur n’était pas superstitieux; cependant toutes les histoires sinistres qui couraient sur le compte de cet oiseau lui passaient par la tête, lorsqu’il se rappela fort à propos qu’une balle de cuivre était enfouie au fond de sa gibecière, balle que son grand-père avait fait bénir à la chapelle de MAZIERES EN VALROMAY, pour tirer spécialement sur les bêtes enchantées.
Le chasseur enleva les chevrotines qui garnissaient le coup droit de son fusil et glissa à leur place, la balle propre à conjurer les maléfices.
Le corbeau de l’Arche ne se doutait guère de ce qui l’attendait.
Il marchait gravement, s’arrêtant parfois comme pour s’assurer d’où soufflait la bise.
Mais au sifflement du vent, se mêla le sifflement de la balle...et le corbeau tomba raide mort sur la neige.
Nous l’avons dit, le chasseur n’était pas superstitieux, et cependant quand il vit cette bête fameuse étendue sur le dos, les pattes en l’air et la queue en éventail, il resta un instant sans oser la toucher; puis il songea au dîner projeté, chargea sur son épaule tellement il était lourd, et parvint à NANTUA, non sans avoir étonné, par le récit de son exploit, les paisibles population de LANDEYRON ET DE LA CLUSE.
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En ce temps-là, il faisait justement très froid.
Le corbeau fut pendu à l’une des fenêtres du PONT D’ARCOLE et vu sa grosseur, on attendit quinze jours pour qu’il fut complètement gelé avant de le livrer à la marmite.
Le quinzième jour, au matin, on prépara le pot-au-feu, mais quand il fut question de plumer le corbeau, les plus hardis se récusèrent; les plumes tenaient tellement à la peau qu’il était impossible d’en arracher une seule.
On mit le corbeau tout emplumé dans la marmite.
Le soir, il était aussi dur que le matin; six mois après, il était aussi coriace que six mois avant.
Les soupeurs, comme les vestales (prêtresses) antiques, se relayaient pour entretenir un feu éternel sous la marmite.
Au bout d’un an, jour après jour, les soupeurs se sentirent las et résolurent de manger le corbeau le soir même et coûte que coûte.
Un dentiste se trouvant de passage à l’HOTEL DE L’ECU, ceux d’entre eux qui avaient de mauvaises dents se firent mettre de solides rateliers...
On apporta le corbeau sur le plus grand des plats du PONT D’ARCOLE, et le doyen des convives, qui se méfiait de la coutellerie de l’auberge, saisit son sabre de garde national et s’apprêta à dépecer le corbeau.
Mais à peine le fer fut-il enfoncé dans le flanc du corbeau que le corbeau se souleva, se remit tranquillement sur ses pattes, secoua ses plumes pleines de bouillon et, après avoir brisé un vitre, s’envola vers les régions célestes, emportant avec lui le sabre qui l’avait transpercé.
Chose étrange, et qui touche presque au fantastique, tous les soupeurs du PONT D’ARCOLE eurent une indigestion de corbeau, et celui qui avait voulu découper le corbeau, fut le lendemain, mis au clou par le capitaine Juillard, pour s’être présenté à la revue sans son sabre de garde national.

J. ARENE – 1894 – L’ABEILLE DU BUGEY



Ainsi se termine cette légende d’un corbeau fantastique abattu à MONTREAL, au lieudit "MARTINET", et qui ne se laissa pas dévorer à NANTUA.


 


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